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Le régime syrien en quête d’une sortie à la crise

1 Jun 2011 11:20 | Nouveautes d'entreprises

Les choses s'accélèrent en Syrie. Soudain conscient de l'impasse dans laquelle il s'est enfermé en recourant à une violence aveugle contre la population syrienne en quête de liberté, le régime de Bachar Al Assad a multiplié en quelques heures les initiatives dont il espère qu'elles lui permettront de reprendre la main. Au cours de la même journée du 31 mai, ont successivement été annoncés la mise en place d'un comité de préparation d'un Congrès national syrien, une amnistie générale pour tous les détenus politiques et un nouveau discours du chef de l'Etat.

Composé de 7 personnes, le comité réunira, sous la présidence du vice-président Farouq Al Chareh, 2 membres du commandement régional du Parti Baath, 2 représentants du Front National Progressiste et 3 indépendants. Il aura pour mission de préparer le Congrès en question, auquel seront conviées intuitu personæ des personnalités "neutres et indépendantes, ne représentant ni des partis, ni des tendances politiques, ni l'opposition". Le congrès devra définir les grandes lignes des amendements constitutionnels attendus, et étudier des textes depuis longtemps annoncés mais jamais soumis à l'Assemblée du Peuple, comme la loi sur les partis, la loi sur les publications, la loi sur les élections législatives et d'autres lois destinées à encadrer les réformes.

Aussitôt publié par l'agence de presse officielle SANA, le décret 61/2011 portant amnistie générale en faveur des détenus politiques inclut en particulier "le crime mentionné dans la loi 49/1980", autrement dit l'appartenance à l'Association des Frères Musulmans. En vertu de cette loi, les Frères, même lorsqu'ils n'avaient commis ni crime ni délit, étaient jadis condamnés à mort. Au cours des dernières années, cette peine était systématiquement commuée en détention à 12 ans de prison. Pour les condamnés à mort, l'amnistie se traduira par la transformation de leur peine en détention à perpétuité, assortie ou non de travaux forcés. Quant aux criminels déjà condamnés à perpétuité, leur peine sera réduite à 20 ans de détention.

Au cours de son intervention, la 3ème depuis le début de la crise qui secoue la Syrie depuis deux mois et demi, le chef de l'Etat donnera d'autres détails sur la composition de la commission de préparation du Congrès national syrien.

Ces développements ont été accueillis avec scepticisme par les opposants et les protestataires. Ils se sont aussitôt demandé à quoi pourrait bien servir un dialogue qui avait toutes les chances de s'apparenter à un monologue, puisque le pouvoir se réservait le droit de désigner ceux qui seraient appelés à y participer. Ils ont déploré que l'amnistie laisse dans l'ombre le sort des 17 à 18 000 disparus des événements du début des années 1980. Ils ne voient aucun motif de se réjouir à l'avance de la prochaine intervention de Bachar Al Assad, dont le moins qu'on puisse dire est que les deux précédentes apparitions publiques n'ont constitué des succès ni politiques, ni médiatiques.

Ils sont renforcés dans leurs doutes concernant les véritables intentions du régime par les déclarations faites le même jour par le secrétaire régional adjoint du Baath, Mohammed Saïd Bakhitan. S'adressant à des cadres de son parti, il a affirmé que celui-ci n'avait aucunement l'intention de modifier l'article 8 de la Constitution, qui en fait "le parti dirigeant de l'Etat et de la société", et déclaré que, "si les détracteurs de cette disposition veulent la modifier, ils n'ont qu'à remporter les prochaines élections législatives. Ils feront alors ce qu'ils voudront". Or, chacun sait que, sans une modification en profondeur de la loi électorale, qui, dans son état actuel, "réserve" au parti Baath la moitié plus un des 250 sièges de députés, et qui en attribue d'autorité les deux tiers à la coalition des partis constituant autour du Baath le Front National Progressiste, l'opposition n'a aucune chance de gagner les élections.

Soumis à des pressions croissantes à l'extérieur et incapable de l'emporter sur la contestation à l'intérieur, le régime de Bachar Al Assad, en quête d'une porte de sortie, tente donc d'afficher l'ouverture. Mais il offre encore une fois trop peu et trop tard pour convaincre ceux qu'il se refuse toujours à reconnaître comme de véritables partenaires.

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